Mère(2)...
"Mon rère et ma soeur aînés avaient compris : ils étaient partis vivre à l' étranger, envoyaient des cartes postales laconiques, des cakes en hiver et des fleurs en papier en été. Elle encadrait les cartes posales, exposait les cakes et les fleurs comme des trophées illustrant ses qualités de mère parfaite et vantait les qualités de ceux-là mêmes qui l' avaient fuie loin, très loin.
Moi je restais au pied de la forteresse, déterminée à trouver la faille pour y pénétrer. J' inventais mille stratégies, mille stratagèmes qui ressemblaient plus à des manoeuvres guerrières qu' à des serment d' amour. Et quand il me semnblait qu' une porte du chateau s' entrouvrait, je bpndissais armée et triomphante, me campait devant elle, déclinais mes victoires, mes succès, mes campagnes et réclamais mon dû : un regard, un simple regard qui me dise tu es formidable, ma fille, et je t' aime, un regard qui me signe, me fasse naître toute neuve dans ma nouvelle armure, et me permette de devenir la personne que je voudrais être. Sans egard, je restais enchaînée à son trône. Je tournais comme un chien enragé, entravé.
Elle me possédait et elle le savait.
Je revenais toujours tourner à ses pieds. Je remplaçais le catalogue de ses prétendants d' antan.
Il me fallait partir. Mais je n' avais pas la force encore...
Partir, grandir loin de ce regard qui me mutilait, me ratatinait, me transformait en naine impotente et méchante.
Je ne suis pas naine, je ne suis pas impotente, je ne suis pas méchante, je répétais, étourdie par le vide qu'elle m' ouvrait sous mes pieds.
Mais je suis quoi, alors?
"J' étais là avant" Katherine Pancol