Poésie

Publié le par Isabelle

J'avais étudié "Les fleurs du mal " en première pour le Bac de français; et j'engardais un souvenir fort...

Hier , j'ai relu quelques uns de ses poêmes dont un qui m' avait particulièrement marqué. Et ces mots manifiques et terribles m'ont profondément touchée. C'est incroyable comme de simples mots peuvent exprimer avec une force incroyable un sentiment, des émotions, un état d' esprit;

Comme il devait se sentir mal quelquefois, car il exprime ce que je peux ressentir parfois quand je vais très mal, c'est affreusement beau: 

 

 

LXXVIII - Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

 

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

 

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

 

Les Fleurs du mal
,
Charles Baudelaire
 

cri.JPG

Publicité

Publié dans poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article